jeudi 8 août 2019

La partie de pêche improvisée ou S’arranger avec ce qu’on a…




Pendant la période des vacances d’été, alors que ma fille doit se rendre au boulot, j’ai le privilège de m’occuper de ses trois enfants, âgés de 11, 9 et 7 ans.  L’ainée est une fille et les deux derniers sont (évidement!) des garçons.

Un jour, mon époux avait promis d'aller magasiner avec l’ainée et sa cousine car elles avaient toutes les deux reçu un certificat cadeau de la même boutique, et cela à l’occasion de leurs anniversaire de naissance.

Donc, je suis restée avec les gars qui eux, ont décidé qu’ils voulaient aller à la pêche, au bord du ruisseau.  Nous avons un petit ruisseau qui traverse notre terrain, à près de dix minutes de marche de notre maison.  La seule difficulté qui nous incombait était que ça ne pêche pas très bien quand on n’a pas de canne à pêche...  Un sérieux problème mais qui m’a semblé offrir une belle opportunité pour procéder à une leçon de débrouillardise!   

Ayant grandi dans la pauvreté, ma maman avait appris, et par la suite elle nous a montrés, à trouver le moyen de palier à ce qui pouvait nous manquer en innovant et en fabriquant nous-même ce dont nous avions besoin.

En me grattant la tête et en remuant mes méninges, je me suis dit qu’il était toujours possible de réaliser des cannes à l’aide de branches…  cependant, je désirais une matière qui soit plus durable, tout en étant flexible.  

C’est alors qu’il m’est venu l’idée de me servir de cintres en métal – qui sont en voie de disparition à cause de l’invention du plastique! – que je garde précieusement, précisément pour des raisons et des circonstances telles que celle-ci!


Après avoir bien déplié et redressé deux de ces cintres à l’aide de pinces, en formant une poignée à un bout et une boucle à l’autre bout pour y glisser le fil, nous avions les cannes…   mais il nous fallait trouver du fil de pêche. 



Ce fut vite résolu grâce à un heureux et judicieux don fait tout récemment de la part d’amis qui déménageait et faisaient du "downsizing" ou "réduction des effectifs".  En conséquence, j’avais justement en main un énorme rouleau de fil pour la pêche et de plus, de gros calibre!


Que manquait-il encore à notre création…  voyons, des pesées, des hameçons…  hmmmm…

Il me restait de la broche d’un des cintres qui s’était cassé lors de l’opération de redressage-dépliage.  Malheureusement elle n’était pas assez lourde.  L’ainé de mes petits-fils a suggéré d’insérer un caillou  dans la broche – bingo!!


Les hameçons posaient un problème, mais les gars étaient tous deux d’accord lorsque j’ai suggéré d’utiliser des broches provenant d’une grosse agrafeuse 'industrielle', broches que j’ai pu replier et façonner en forme d’hameçon, à l’aide de mes fidèles pinces!  Ensuite, l’ainé a fixé une plume sur son hameçon pour en faire une "mouche" alors que le cadet, avec l’aide de Grand-maman (je lui ai seulement montré où creuser…!), a récolté des vers de terre qu’il a mis dans un pot.

Et voilà!  Nous étions prêts pour notre expédition de pêche!  Le trajet pour se rendre au ruisseau n’est pas des plus aisés puisque l’herbe a poussé pour atteindre jusqu’à cinq pieds de hauteur.  Il y a également des branches cassées qui bloquent la voie et dans lesquelles il est facile de s’empêtrer.  De plus, il y a des crevasses de boue glissante et de grosses roches presque invisibles qui risquent de faire trébucher les pieds instables de Grand-mère!





Mais une fois arrivés – sains et saufs et sans embuches! – le solide pont construit par Grand-papa nous attend et nous invite à monter nous y installer!


Monsieur « je-préfère-des-ver-de-terre » a montré à sa Mamie qu'il savait insérer LUI-MÊME ses appâts sur son hameçon (au grand soulagement de celle-ci!). 

 

Ce fut une merveilleuse partie de pêche improvisée!  Le seul et unique petit ennui,  c'est qu'il n’y avait aucun poisson – pas un seul...  et malheureusement cela, la Grand-maman n’y pouvait vraiment rien…!  …mais les garçons se sont quand même beaucoup amusés!!!



Grand-maman Priscille

vendredi 19 juillet 2019

La saga du banc mis aux rebuts




(Il y a près de deux mois, j’ai rédigé ce texte qui a été diffusé pour un groupe duquel je suis membre, et cela, sans penser que je pourrais le publier ici.  Ce groupe est formé de personnes extrêmement créatives et c’est ahurissant de voir tous les objets – vieilleries ou antiquités – que  ces gens récupèrent, recyclent, et réaffectent.)


La saga du banc mis aux rebuts 



Cette semaine, début juin, notre ville offre une collecte spéciale des gros rebuts.  Cela a lieu seulement une fois par an, et c’est souvent surprenant, voire incroyable  de voir tout ce dont les gens se débarrassent.  Voilà que j’ai eu une inclinaison soudaine d’aller faire un petit tour – histoire de me dégourdir les jambes, vous comprenez…?  Bon, je ne veux pas vous induire en erreur; n’allez pas penser que ce désir soudain m’est venu par amour pour les randonnées…    Le fait est que si je n’ai pas une raison valable ou quelqu’un avec lequel je peux sortir, ou un autre incitatif acceptable, je ne bouge pas de chez moi – point final. 

Mais, aujourd’hui, je partais en mission – une mission « rebutante » (jeu de mot intentionnel quoi que plutôt pauvre…).  Déambulant sereinement le long du sentier (ici, j’ai désiré donner un effet poétique, quand en réalité le trafic roule à plus de 80 km/heure sur notre rue) je n’apercevais que quelques amas de déchets ici et là.  

J’ai quand même récolté un beau vase qui n’était ébréché que sur sa base, à deux endroits invisibles,  ainsi qu’une jolie citrouille en céramique, parfaitement intacte.  Sortant un large sac de plastique de ma poche – car  je m’étais bien préparée – j’y ai dissimulé mes trésors, question d’en faciliter leur transport.   

Continuant ma balade, tout en souhaitant trouver d’autres splendeurs au-delà de la courbe, – soudain, je l’ai vu : un magnifique banc, tout de bois, en plein centre de choses inutiles.  J’étais en amour.   
Le banc se trouvait sur le tas de bois au centre, mais malheureusement, je ne l’ai pas pris en photo avant le « sauvetage »;  j’y suis retournée le lendemain pour photographier l’emplacement.
En l’observant d’un coup d’œil rapide, j’ai constaté qu’il était couvert de lichen, et que la planche du fond du siège était un peu pourrie – deux problèmes aisément réglés.  J’ai essayé d’en soulever un côté pour en juger de sa pesanteur, et il était très lourd.  Mais, mon cœur me répétait : « Je le veux!  Je le veux vraiment! »

Bon, vous n’êtes surement pas au courant du fait que je désire avoir un banc sur notre pelouse à l’avant de la maison, et cela depuis notre arrivée ici il y a 19 ans.  Je me serais contentée d’une planche déposée sur deux bûches...  mais ça ne s’est jamais réalisé. 

C’est ainsi que tout le long du retour à la maison, je songeais à comment je pourrais arriver à convaincre mon époux d’aller chercher ce banc.  Voyez-vous, mon époux  n’est pas de ceux qui fouillent dans les bacs à déchets ou qui font de la « plongée de benne à ordures » - je crois qu’il n’oserait probablement pas retourner chercher quelque chose dans nos propres poubelles…  soudainement, ça m’est venu – j’avais un argument de taille. 

Il s’avère que mon époux rend service à de nombreuses personnes, en leur donnant de l’aide lors de déménagements.  C’est ainsi qu’il rapporte ensuite chez-nous plusieurs objets divers – meubles, jouets, etc., en parfait état, dont nous n’avons aucunement besoin – souvent destinés à se retrouver aux poubelles car délaissés par leurs propriétaires qui n’en veulent plus.  Nous essayons ensuite de trouver quelqu’un à qui ce serait utile.  Je lui ai donc rappelé ce fait en ajoutant : « et jaimerais beaucoup lavoir ».  Eh bien, cela a marché!

Cela a fonctionné, mais à une condition : il ne fallait sortir qu’à la tombée du jour, car il ne voulait pas qu’on nous voie; alors, j’ai attendu.  Et attendu.  Et, à 22 heures 45, sentant venir la fatigue, je suis allée le voir dans son bureau.  « Chéri, il sera 23 heures dans 15 minutes, et il fait maintenant noir dehors…  Il a soupiré et du coup j’ai compris qu’il avait espéré que je l’allais oublier toute cette affaire.  « Bon daccord, » a-t-il répondu, « laisse-moi terminer cette page (il lisait) et jarrive. »  Jai enfilé mes bottes, mon parka doublé, mes gants de travail en cuir et j’ai attendu (patiemment) devant la porte d’entrée.

« Voudrais-tu que japporte une lampe de poche? », lui ai-je demandé.  « NONNNN!!!  Je ne veux surtout pas attirer les regards et être vu! »  Nous voilà donc partis, à un gros deux minutes de chez-nous, en fourgonnette.  

J’aperçois pour la première fois, des boîtes postales communautaires, à environ cinq mètres du tas de rebuts et du fameux banc…

« Cest parfait! » dis-je, tentant de l’apaiser, « On va penser que nous sommes venus chercher notre courrier! »  « Hum, » fit-il tout en stationnant de l’autre côté des boîtes postales, le plus loin possible du banc.  « Parfait, » grommelais-je en silence.  « Maintenant je vais devoir porter ce monstre deux fois plus loin – et cela si je suis en mesure de le soulever au préalable… »  

Tandis que je suis mon mari nerveux qui se dirige vers le ramassis de rejets, il attrape rapidement son côté du banc en soufflant «  Vite, prends ton bout. »  Eh bien, jai essayé de mactiver, mais il y avait des bardeaux et d’autres trucs sous le banc, ce qui fait que je devais le hisser encore plus haut – et misère, il était lourd!  Finalement, nous avons réussi à l’installer dans la fourgonnette et mon époux c’est empressé de déguerpir en écrasant l’accélérateur.  

Arrivés à la maison, nous l’avons arbitrairement laissé, en pleine nuit, sur le bord de la pelouse, placé là temporairement.  Je suis euphorique!  Je l’ai, mon banc, et je le trouve formidable! 

Mon mari est sorti tôt ce matin armé de son ruban à mesurer pour le reluquer, et il a conclu qu’il ne le réparera pas.  « Ça n’en vaut pas la peine » dit-il, quoi qu’à mon avis, il semble réellement solide, mis à part cette seule planche détériorée.  Par contre, il a décidé que ce banc est si bien fait qu’il pourra s’en servir comme gabarit pour en construire d’autres (au pluriel!) identiques.  J’ai immédiatement pensé « Hum, on verra bien… », en lui demandant de m’aider à le déplacer vers l’endroit tout désigné, dans le rond-point….  à suivre…



Grand-maman Priscille